Avocats d'un jour: des lycéens de Carriat s'essaient à la plaidoirie au tribunal
Vingt-six élèves de terminale ont composé, au tribunal de grande instance de l’Ain, une séance de jugement de l’affaire Omar Raddad.
Jeudi 30 avril, un verdict a été rendu en salle 2 du palais de justice de Bourg. Deux groupes de 13 élèves de classes de terminale du lycée polyvalent Joseph-Marie-Carriat ont chacun reconstitué le procès d’Omar Raddad tenu en février 1994. Ce jardinier était accusé du meurtre en juin 1991 de Ghislaine Marchal, la propriétaire d’une maison en Alpes-Maritimes.
Noémie Lafleur, professeure en sciences économiques et sociales, option droit et grands enjeux du monde contemporain, explique : « Les élèves ont effectué, durant deux mois, un important travail de recherche sur cette affaire datant de 35 ans. Ensemble, ils sont devenus des acteurs de la plaidoirie qu’ils ont construite. »
Des plaidoiries d’environ 45 minutes
Les deux groupes successifs ont été suivis par une assistance de parents et du proviseur du lycée Marc Flécher. En robe noire, les magistrats de la cour étaient dans leur rôle, celui de président de séance, d’avocat général et des avocats de la partie civile et de la défense. Un élève a tenu le rôle de l’accusé, d’autres de parents proches ou de familiers des deux parties, du meurtrier présumé et de proches de la victime. Les élèves ont suivi les usages et la procédure : une sonnette pour donner le coup d’envoi des débats (« La cour ; levez-vous ») ; les appels à la barre avec des témoins déclinant leur identité en levant la main droite (« Je le jure »). Sur le fond, ils sont revenus lors du rappel des faits sur l’inscription ensanglantée « Omar m’a tuer », découverte près de la victime, face contre terre dans sa cave. Des questions ont été soulevées par les avocats, des confirmations ou contradictions sur les modes de vie et les personnalités des deux parties. La défense se construit. Le délibéré est rendu.
À la fin des séances, deux avocats ont commenté les interventions, l’importance d’un travail de préparation, attribuant des notes de 18 sur 20, prises en considération dans le cursus scolaire par le lycée.
Cette action a été coordonnée par le conseil départemental de l’accès au droit (CDAD), un groupement d’intérêt public du ministère de la Justice, présidé par le président du tribunal judiciaire de Bourg, avec la procureure de la République comme vice-président. « Le tribunal accueille 5 à 10 séances par an par des étudiants », indique Morgan Fay, coordonnateur du CDAD.